Les consultations politiques menées sous l’égide de la CARICOM n’ont pas permis, à ce stade, de dégager une position commune entre les acteurs haïtiens. La séance de travail tenue le vendredi 30 janvier 2026, réunissant des représentants de partis politiques et des organisations de la société civile, s’est achevée sans consensus ni proposition formelle à soumettre à l’organisation régionale.

Face à cette impasse, la CARICOM a décidé d’accorder un délai supplémentaire de 72 heures, prolongeant ainsi le processus de concertation jusqu’à mardi soir. Cette extension vise à offrir aux différentes parties un temps additionnel pour poursuivre les discussions et tenter de parvenir à un terrain d’entente minimal, dans un contexte marqué par une profonde crise institutionnelle.

Des divergences persistantes

Les échanges ont mis en lumière de fortes divergences entre les participants. Certains acteurs ont été critiqués pour des positions jugées excessivement partisanes, tandis que d’autres ont insisté sur la nécessité d’une solution émanant exclusivement des Haïtiens, sans pressions ni orientations extérieures.Cette ligne de fracture illustre les difficultés persistantes à construire une vision commune de la transition, alors même que le pays fait face à des défis majeurs en matière de sécurité, de gouvernance et de crédibilité institutionnelle.

Une pression croissante à l’approche de l’échéance

À l’approche de la nouvelle échéance fixée par la CARICOM, la pression s’intensifie sur les responsables politiques et les représentants de la société civile. Ces derniers sont désormais appelés à dépasser leurs désaccords afin d’éviter un enlisement prolongé du processus et de contribuer à une sortie de crise susceptible de restaurer un minimum de stabilité.

La CARICOM, tout en maintenant son rôle de facilitateur, semble ainsi renvoyer la responsabilité finale aux acteurs haïtiens, appelés à démontrer leur capacité à produire une solution concertée et crédible dans un délai désormais très contraint.

Un test décisif pour la transition

Ce sursis de 72 heures apparaît comme un test décisif pour la classe politique et la société civile haïtiennes. Un nouvel échec pourrait renforcer l’incertitude institutionnelle et fragiliser davantage un processus de transition déjà sous tension, tant au niveau national que régional.

En prolongeant les consultations sans imposer de solution, la CARICOM place clairement les acteurs haïtiens face à leurs responsabilités. Ce délai supplémentaire, loin d’être anodin, constitue probablement la dernière fenêtre politique pour éviter une aggravation de l’impasse institutionnelle. L’enjeu dépasse les divergences partisanes : il s’agit désormais de préserver la crédibilité même de la transition et d’éviter un vide politique aux conséquences imprévisibles.

Jonathan Louis