Le gouvernement de facto dirigé par Alix Didier Fils-Aimé envisage d’adopter dès la semaine prochaine le nouveau décret électoral proposé par le Conseil Électoral Provisoire (CEP). Parmi les mesures phares du texte figure l’obligation pour chaque parti politique de prouver l’existence d’au moins 30 000 membres afin de pouvoir participer aux prochaines élections.


Depuis Rome, où il se trouvait le 9 mai 2026, le chef du gouvernement a confirmé son appui au projet, après avoir suspendu quelques jours plus tôt l’examen du budget et du décret électoral. Selon lui, cette disposition vise à réduire le nombre excessif de formations politiques présentes sur les bulletins de vote et à rendre le processus électoral plus clair et plus crédible.
Actuellement, Haïti compte plus de 400 partis politiques enregistrés. Toutefois, plusieurs d’entre eux sont accusés de ne disposer d’aucune véritable base militante. Des observateurs estiment qu’une grande partie de ces structures servent surtout d’outils de négociation politique ou de protections contre certaines poursuites judiciaires.


À travers cette réforme, le CEP entend combattre la fragmentation du paysage politique haïtien et encourager la création d’organisations plus structurées et représentatives. Le Ministère de la Justice devrait également être appelé à renforcer les mécanismes de contrôle afin de vérifier l’authenticité des listes de membres fournies par les partis.


Cependant, cette mesure suscite déjà de nombreuses critiques. Plusieurs acteurs politiques et membres de la société civile craignent qu’un tel seuil favorise les grands partis traditionnels au détriment des petites formations émergentes qui disposent de moins de ressources financières et organisationnelles.

Jeanne Docilien