Le 7 février n’est jamais une date ordinaire dans l’histoire politique haïtienne. Elle est à la fois symbole de rupture, de recommencement et de responsabilité. Chaque génération haïtienne y projette l’espoir d’un État plus stable, plus juste, plus fidèle à sa parole. Pourtant, en ce 7 février, le pays se retrouve une fois de plus à la croisée des chemins, face à une transition qui s’achève sans véritable sortie de crise clairement définie.
L’accord politique du 3 avril avait pourtant fixé un cap. Il prévoyait une gouvernance transitoire limitée dans le temps, avec des engagements précis : stabilisation du pays, rétablissement progressif de la sécurité, mise en place des conditions minimales pour des élections crédibles, et remise du pouvoir à l’échéance convenue. Or, à la date du 7 février, force est de constater que l’essentiel de ces engagements reste inachevé, tandis qu’aucune architecture institutionnelle claire n’a été formellement présentée pour la suite.
Cette situation pose une question centrale, incontournable : quel pouvoir à partir du 7 février, avec quelle légitimité, pour quelle durée et avec quelles missions précises ?
L’indispensable émergence d’un pouvoir neuf
À ce stade critique, Haïti ne peut se permettre ni le vide institutionnel ni l’improvisation politique. Le pays a besoin d’un pouvoir neuf, clairement identifié, assumant une mission restreinte mais fondamentale :
rétablir la sécurité sur l’ensemble du territoire et organiser des élections crédibles dans les meilleurs délais possibles.
Ce pouvoir ne devrait ni s’inscrire dans la durée ni se substituer à la souveraineté populaire. Sa légitimité ne peut être que fonctionnelle et temporaire, fondée sur l’urgence nationale. Plus il s’éternise, plus il se fragilise. Car une transition prolongée cesse d’être un outil de stabilisation pour devenir un facteur supplémentaire de crise.
La sécurité nationale doit en être la priorité absolue. Sans contrôle territorial, sans protection des citoyens, sans rétablissement minimal de l’autorité de l’État, aucune consultation électorale ne peut être ni libre ni crédible. Organiser des élections sans sécurité reviendrait à reproduire les erreurs du passé, avec des conséquences potentiellement irréversibles.
Transition ou transition de la transition ?
La véritable inquiétude aujourd’hui réside dans la perspective d’une nouvelle transition, succédant à une transition déjà contestée dans ses résultats. Si tel devait être le cas, une question s’impose avec force : combien de temps durerait-elle ? Et qui en serait réellement responsable ?
Haïti ne peut plus se permettre une succession de dispositifs provisoires sans échéancier clair. Une transition qui se prolonge sans feuille de route précise alimente la méfiance, affaiblit l’État et banalise l’exception. Le pays risque alors de s’enfermer dans une logique où le provisoire devient la norme et l’urgence un alibi permanent.
Qui composerait ce nouveau pouvoir ? Selon quels critères ? Avec quels mécanismes de contrôle ? Autant de zones d’ombre qui nourrissent la suspicion et fragilisent la cohésion nationale. Dans un contexte aussi tendu, l’opacité est un luxe que la nation ne peut plus s’offrir.
Le respect de la parole politique, socle de la légitimité
Au-delà des dispositifs institutionnels, le problème est aussi moral et politique. L’accord du 3 avril constituait un engagement solennel envers la population. Le non-respect de ses principales dispositions fragilise profondément la crédibilité de la gouvernance transitoire et, plus largement, celle de la classe politique.
Un État qui ne respecte pas ses propres engagements mine la confiance citoyenne et affaiblit toute perspective de reconstruction durable. Or, sans confiance, aucune réforme, aucune élection, aucune pacification ne peut tenir dans le temps.
Le 7 février comme moment de vérité
Le 7 février devrait être un moment de clarification nationale, non un point de départ pour de nouvelles ambiguïtés. Il appelle à une responsabilité historique des acteurs politiques, mais aussi à une vigilance accrue de la société civile, des médias et des partenaires internationaux.
Haïti n’a pas besoin d’une transition de plus. Elle a besoin d’un chemin lisible vers la légitimité démocratique, balisé par des engagements clairs, des délais réalistes et une priorité absolue accordée à la sécurité et au retour à l’ordre constitutionnel.
Car lorsqu’une transition ne prépare plus la sortie de crise, elle devient elle-même une crise.
Haïti mérite mieux qu’un éternel provisoire. Elle mérite un État qui respecte sa parole, un pouvoir qui assume ses responsabilités, et un avenir qui ne soit pas sans cesse repoussé au prochain accord.
Le 7 février n’est jamais une date ordinaire dans l’histoire politique haïtienne. Elle est à la fois symbole de rupture, de recommencement et de responsabilité. Chaque génération haïtienne y projette l’espoir d’un État plus stable, plus juste, plus fidèle à sa parole. Pourtant, en ce 7 février, le pays se retrouve une fois de plus à la croisée des chemins, face à une transition qui s’achève sans véritable sortie de crise clairement définie.
L’accord politique du 3 avril avait pourtant fixé un cap. Il prévoyait une gouvernance transitoire limitée dans le temps, avec des engagements précis : stabilisation du pays, rétablissement progressif de la sécurité, mise en place des conditions minimales pour des élections crédibles, et remise du pouvoir à l’échéance convenue. Or, à la date du 7 février, force est de constater que l’essentiel de ces engagements reste inachevé, tandis qu’aucune architecture institutionnelle claire n’a été formellement présentée pour la suite.
Cette situation pose une question centrale, incontournable : quel pouvoir à partir du 7 février, avec quelle légitimité, pour quelle durée et avec quelles missions précises ?
L’indispensable émergence d’un pouvoir neuf
À ce stade critique, Haïti ne peut se permettre ni le vide institutionnel ni l’improvisation politique. Le pays a besoin d’un pouvoir neuf, clairement identifié, assumant une mission restreinte mais fondamentale :
rétablir la sécurité sur l’ensemble du territoire et organiser des élections crédibles dans les meilleurs délais possibles.
Ce pouvoir ne devrait ni s’inscrire dans la durée ni se substituer à la souveraineté populaire. Sa légitimité ne peut être que fonctionnelle et temporaire, fondée sur l’urgence nationale. Plus il s’éternise, plus il se fragilise. Car une transition prolongée cesse d’être un outil de stabilisation pour devenir un facteur supplémentaire de crise.
La sécurité nationale doit en être la priorité absolue. Sans contrôle territorial, sans protection des citoyens, sans rétablissement minimal de l’autorité de l’État, aucune consultation électorale ne peut être ni libre ni crédible. Organiser des élections sans sécurité reviendrait à reproduire les erreurs du passé, avec des conséquences potentiellement irréversibles.
Transition ou transition de la transition ?
La véritable inquiétude aujourd’hui réside dans la perspective d’une nouvelle transition, succédant à une transition déjà contestée dans ses résultats. Si tel devait être le cas, une question s’impose avec force : combien de temps durerait-elle ? Et qui en serait réellement responsable ?
Haïti ne peut plus se permettre une succession de dispositifs provisoires sans échéancier clair. Une transition qui se prolonge sans feuille de route précise alimente la méfiance, affaiblit l’État et banalise l’exception. Le pays risque alors de s’enfermer dans une logique où le provisoire devient la norme et l’urgence un alibi permanent.
Qui composerait ce nouveau pouvoir ? Selon quels critères ? Avec quels mécanismes de contrôle ? Autant de zones d’ombre qui nourrissent la suspicion et fragilisent la cohésion nationale. Dans un contexte aussi tendu, l’opacité est un luxe que la nation ne peut plus s’offrir.
Le respect de la parole politique, socle de la légitimité
Au-delà des dispositifs institutionnels, le problème est aussi moral et politique. L’accord du 3 avril constituait un engagement solennel envers la population. Le non-respect de ses principales dispositions fragilise profondément la crédibilité de la gouvernance transitoire et, plus largement, celle de la classe politique.
Un État qui ne respecte pas ses propres engagements mine la confiance citoyenne et affaiblit toute perspective de reconstruction durable. Or, sans confiance, aucune réforme, aucune élection, aucune pacification ne peut tenir dans le temps.
Le 7 février comme moment de vérité
Le 7 février devrait être un moment de clarification nationale, non un point de départ pour de nouvelles ambiguïtés. Il appelle à une responsabilité historique des acteurs politiques, mais aussi à une vigilance accrue de la société civile, des médias et des partenaires internationaux.
Haïti n’a pas besoin d’une transition de plus. Elle a besoin d’un chemin lisible vers la légitimité démocratique, balisé par des engagements clairs, des délais réalistes et une priorité absolue accordée à la sécurité et au retour à l’ordre constitutionnel.
Car lorsqu’une transition ne prépare plus la sortie de crise, elle devient elle-même une crise.
Haïti mérite mieux qu’un éternel provisoire. Elle mérite un État qui respecte sa parole, un pouvoir qui assume ses responsabilités, et un avenir qui ne soit pas sans cesse repoussé au prochain accord.